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Rwanda : un collectif "ensanglante" Hubert Védrine



Par David Servenay (Rue89)- 02/12/2007

Ils ont longuement préparé leur opération, comme des militaires. Identification de la cible, repérage des lieux, répétition... Mercredi matin, place Saint-Augustin, devant le Cercle national des Armées, à Paris. A 8h30, Hubert Védrine arrive à pied pour y donner une conférence. Sanglé d’un manteau bleu marine, l’ancien secrétaire général de l’Elysée sous François Mitterrand est seul. Un homme l’aborde : "M. Védrine, bonjour, je suis journaliste au Parisien et je travaille sur l’Ouganda..."

La suite est racontée sur le site du collectif Génocide Made in France. Un petit groupe d’activistes, souvent issus des rangs de l’association Survie, qui veulent "sortir de l’oubli" les errements de la politique française au Rwanda. Pour rompre le silence, ils ont choisi d’imposer de nouveaux modes de revendications : spectaculaires, mais toujours non-violents.

Au bout de quelques instants, la conversation s’interrompt. Une femme crie : "Vous êtes un génocidaire, il faut vous juger." Soudain, une coulée rouge gicle sur le manteau bleu. (Voir la vidéo)

Depuis la mission d’information parlementaire de 1998, rien n’a vraiment bougé dans le landerneau politique français. A l’époque, le président de la mission, le socialiste Paul Quilès avait tranché face à la presse : "La France", disait-il, "n’est pas impliquée dans le génocide"... Depuis, l’examen attentif des annexes de cette mission d’information ont montré à quel point cette présentation était partielle et partiale.

Mais fallait-il pour autant s’en prendre à Hubert Védrine ? "Pas de commentaire", répond l’ancien ministre des Affaires étrangères, qui ne veut pas faire de la publicité à ces militants. Il s’est contenté de porter plainte contre X pour "violence en réunion" et "diffamation".

Sur le fond, Hubert Védrine n’est pas le plus fermé des interlocuteurs. Il a souvent répondu aux chercheurs et journalistes travaillant sur le sujet, défendant la position mitterrandienne avec acharnement. Sur le mode : nous nous sommes peut-être trompés, mais nous avons joué la carte de la paix au Rwanda. En aucun cas, il ne s’estime responsable et encore moins coupable du génocide de 1994.

La cohabitation a neutralisé le débat sur la politique menée au Rwanda

De l’autre côté de l’échiquier politique, Edouard Balladur, Michel Roussin, Alain Juppé, François Léotard ou encore Nicolas Sarkozy (respectivement Premier ministre, ministre de la Coopération, des Affaires étrangères, de la Défense et du Budget) ont soufflé le chaud et le froid. Les uns s’alignant sur la doctrine Mitterrand, les autres la critiquant. En tout cas, grâce à de nombreuses ambiguïtés, la cohabitation (1993-95) a neutralisé le débat sur la politique suivie au Rwanda.

Tout ces arguments et le manque de résultats obtenus par la galaxie militante dénonçant la Françafrique  , ont convaincu les membres de ce collectif de passer à l’action. Leur porte-parole Xavier Renou, ancien de Greenpeace, explique ce geste. (Voir la vidéo)

Et le collectif d’annoncer, sur Rue89, que d’autres cibles sont à l’étude. "Nous ne les oublions pas..." glisse Xavier Renou. Avant, peut-être, un débat public si la plainte d’Hubert Védrine débouche sur un procès.


Communiqué de Rwanda, un génocide made in France http://www.genocidemadeinfrance.com...

Tapis rouge sang pour H. Védrine !

Communiqué www.genocidemadeinfrance.com

Paris, le 28 novembre 2007.

Cercle national des Armées - 8 place St Augustin 75008 Paris - 8h30

L’ancien Ministre Hubert Védrine, complice du génocide des Tutsi au Rwanda, a été accueilli ce matin à Paris par une vingtaine de militants qui l’ont aspergé de sang, en mémoire des victimes du dernier génocide du vingtième siècle.

Secrétaire général de l’Elysée de 1991 à 1995, Hubert Védrine faisait partie du conseil de défense restreint en charge de la définition de la politique française au Rwanda. A ce titre, il a soutenu l’engagement politique, financier et militaire de la France aux côtés des génocidaires de 1994. Loin d’éprouver le moindre remords, Hubert Védrine est aujourd’hui encore de ceux qui nient la complicité des autorités françaises de l’époque dans la réalisation même du génocide. La France a pourtant entraîné et équipé les forces armées rwandaises et les milices interahamwe, agents principaux de l’extermination de plus d’un million de Rwandais.

“L’impunité dont jouissent encore aujourd’hui les complices français du génocide de 1994 est une insulte à la mémoire des victimes”, s’indigne Xavier Renou, porte-parole du collectif Genocide made in France. En couvrant de sang M. Védrine, nous avons voulu rappeler que la place des complices de crimes contre l’Humanité est en prison et non dans les salons militaires.”

Contact : Xavier Renou, porte-parole du collectif Génocide Made In France, 06 64 18 34 21


VOIR EN LIGNE : Rue 89
Publié sur OSI Bouaké le lundi 3 décembre 2007



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