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Slavoj Zizek : Vivre la fin des temps


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OSI Bouaké - DG - 15 Novembre 2011 - Mon conseil de lecture pour cet hiver : à lire au coin du feu, prêt de la fenêtre en regardant le monde tomber ou dans la rue, aux cotés des indignés...

Extrait de la présentation de l’éditeur : "Aucun doute n’est plus permis : le système capitaliste global entre à toute vitesse dans sa phase terminale. Crise écologique mondiale, révolution biogénétique, marchandisation effrénée et croissance explosive des divisions sociales sont, selon Zizek, les quatre cavaliers de l’apocalypse à venir. Mais la mort du capitalisme doit-elle entraîner, comme le croient beaucoup, la fin du monde ? Non. Il y a un espoir. Nos réponses collectives à la catastrophe correspondent précisément aux étapes du deuil décrites par la psychologue Elisabeth Kübler-Ross : déni, explosion de colère, tentatives de marchandage, puis dépression et, enfin, acceptation. C’est après avoir atteint le point zéro, après avoir traversé le traumatisme absolu que l’individu, devenu sujet, pourra discerner dans la crise l’occasion d’un nouveau commencement. Mais la vérité traumatique doit faire l’objet d’une acceptation et se vivre pleinement pour qu’ait lieu ce tournant émancipateur. Notre salut viendra d’une réaction à l’idéologie multiculturaliste hégémonique qui entrave notre prise de conscience politique, mais aussi par la lutte. La lutte contre l’autorité de ceux qui sont au pouvoir ; contre l’ordre global et la mystification qui l’étaye, contre nos propres mécanismes d’évitement et d’aveuglement qui nous conduisent à inventer des remèdes ne faisant qu’aggraver la crise. Dans une analyse magistrale, où la géopolitique tient une place de choix, Zizek nous engage, au vu de l’inéluctable prolétarisation qui entraîne la subjectivité contemporaine vers le chaos, à repenser radicalement le concept d’exploitation..."

Broché : 577 pages Editeur : Flammarion (2 février 2011) Collection : La bibliothèque des savoirs Langue : Français ISBN-10 : 2081249472 ISBN-13 : 978-2081249479

Slavoj Zizek Philosophe

Né en 1949 à Ljubljana (Slovénie), ce philosophe, connaisseur de l’idéalisme allemand autant que de l’œuvre de Jacques Lacan, est docteur en psychanalyse. Son travail sur le cinéma sismographe des grandes tendances et convulsions qui agitent la société s’inscrit dans le sillage des études culturelles fondées par le penseur marxiste américain Fredric Jameson. Une pensée marxiste à laquelle cet ancien candidat du parti Démocratie libérale slovène en 1991 est resté attaché malgré la disparition du bloc de l’Est. C’est ainsi qu’il s’est déclaré proche du philosophe français Alain Badiou lorsque ce dernier a été attaqué. Auteur prolifique, il écrit régulièrement des tribunes dans la presse internationale sur la géopolitique. Parmi ses livres les plus importants, notons "Vous avez dit totalitarisme ? " (Amsterdam, 2004), "La Parallaxe" (Fayard, 2008) ou tout récemment "Vivre la fin des temps" (Flammarion).


Publié sur OSI Bouaké le mardi 15 novembre 2011



Slavoj Zizek : Vivre la fin des temps
15 novembre 2011, par Sand   [retour au début des forums]

"l’idéologie multiculturaliste" ???

Slavoj Zizek : Vivre la fin des temps
15 novembre 2011, par didier   [retour au début des forums]

pas encore lu...je ne peux pas me prononcer sur ce qu’il vise en parlant de "l’idéologie multiculturaliste"... mais voici ce que j’ai trouvé sur le net à ce sujet : "...Et c’est pourquoi Zizek s’en prend aussi férocement à l’idéologie multiculturaliste libérale de la tolérance : non pas parce qu’il méprise les cultures étrangères (l’auteur, répétons-le, est très fortement marqué à gauche), mais parce que cette idéologie de la tolérance, poussée à l’extrême, finit par niveler toutes les idées – qu’elles portent ou non sur les questions ethniques, d’ailleurs –, et produit un monde totalement désidéologisé. « Le multiculturalisme, naturellement, est la forme idéale de l’idéologie de ce capitalisme planétaire, l’attitude qui, d’une sorte de position globale vide, traite chaque culture locale à la manière du colon traitant une population colonisée – comme des "indigènes" dont les mœurs doivent être précautionneusement étudiés et "respectés". » 10. Quant à l’idée selon laquelle la tolérance serait au contraire un frein au développement du capitalisme, Zizek la réfute en bloc : « Les défenseurs de la liberté sexuelle pensèrent longtemps qu’une répression sexuelle monogamique était nécessaire à la survie du capitalisme – nous savons maintenant que le capitalisme peut non seulement tolérer, mais aussi inciter activement et exploiter des formes de sexualité "perverse", sans mentionner la permissivité et la complaisance pour toute forme de promiscuité. » 11. L’idéologie de la tolérance convient très bien en fait à un système dépolitisé et virtualisé où chacun, nous dit-on, a le droit – et même le devoir – de penser ce qu’il veut ; de la sorte, plus personne n’a à l’arrivée la jouissance effective de penser publiquement, puisque, sitôt qu’il formule une idée, on l’accuse d’être « intolérant » et de vouloir « imposer ses opinions ». Il n’y a plus alors effectivement qu’à se soumettre à l’ordre en place (hégémonique, mais transparent), à gérer et administrer l’Etat en adhérant, sans « a priori idéologique », à « ce qui marche ». Dans un tel contexte, on se doute que ceux qui voudraient s’opposer au conformisme généralisé des média et réintroduire des valeurs ne sont pas les bienvenus..."