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Marina Petrella : ne laissons pas faire



Marina Petrella, cinquante-quatre ans, deux filles âgées de vingt-quatre et dix ans, se laisse mourir en prison, parce que le gouvernement de la France a décidé son extradition vers l’Italie où elle est menacée d’être enfermée à vie.

Oui, Marina Petrella a été condamnée pour acte de terrorisme.

Oui, quand elle avait vingt-cinq ans, dans l’Italie des années de plomb, où une partie de la classe politique s’organisait dans la corruption et le soutien mafieux, elle a été de ces jeunes gens qui ont sombré dans la folie sans issue du terrorisme, qui ont perdu tous leurs repères, qui ont commis des crimes odieux. Oui, elle a été condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité en 1993 sous le coup « des lois spéciales », après avoir passé huit ans en détention provisoire et avoir été placée sous contrôle judiciaire en 1988. Entre-temps, la France avait décidé, par la voix de François Mitterrand, le 26 avril 1985, d’accorder l’asile aux Italiens qui avaient participé à l’action terroriste mais avaient rompu avec elle. Quelques hommes et femmes ont saisi cette main tendue qui leur permettait, hors de leur pays, de se réinsérer dans la communauté humaine. Marina Petrella est de ceux-là. Pendant dix-sept ans, entre 1985 et 2002, aucun gouvernement n’a jamais renié la parole donnée par la France, malgré les demandes d’extradition formulées par l’Italie.

Marina Petrella a été arrêtée en août 2007, après Paolo Persichetti et Cesare Battisti. Depuis elle est incarcérée. Le premier ministre a signé son décret d’extradition.

Cette décision entache gravement l’honneur de notre pays, les principes qui fondent la parole donnée par la France : – le principe de prescription qui veut qu’en toute matière le temps efface les peines encourues, comme il change les hommes et les femmes eux-mêmes. Qui oserait dire que Marina Petrella est aujourd’hui la jeune fille qui voulait prendre les armes il y a trente ans ? – le principe de réconciliation qui veut qu’en politique (hormis les crimes contre l’humanité) les crimes puissent être, non pas pardonnés, mais dépassés, que peut se reconstruire la communauté des hommes. La France a amnistié les factieux d’Algérie ; Nelson Mandela, les racistes de l’apartheid…

La parole donnée par la France en 1985 nous honore. C’est celle des valeurs universelles des Lumières, celle de la dignité humaine. C’est au nom de ces valeurs que nous refusons les peines perpétuelles, parce que nous refusons l’idée que l’homme ne peut se racheter et se réhabiliter. Alors nos gouvernements livreraient à la prison à vie une femme de cinquante-quatre ans qui s’est réinsérée dans notre pays où elle vit et travaille depuis quinze ans, mère de deux enfants ? Cela au nom de petits arrangements entre régimes politiques momentanés, de lâches concessions à l’air du temps. Au nom du peuple français, ne laissons pas faire. Nous nous réjouissons tous qu’Ingrid Betancourt soit libre et nous avons bien entendu le président de la République proposer que la France accorde l’asile aux membres des FARC qui libéreraient des otages. Et dans le même temps, contre toute humanité, il livrerait Marina Petrella à la prison à vie en Italie ?

Elle veut se laisser mourir. Si nous laissons faire, c’est le peuple de France qui reniera la parole donnée ; nous en serons responsables. Nous vous appelons solennellement à ne pas accepter cette humiliation, à nous retrouver ensemble pour sauver Marina Petrella. Nous ne voulons pas l’abaissement de la France. Nous ne voulons pas la mort de Marina Petrella en prison. Nous n’attendons pas que d’autres fassent oeuvre d’humanité à notre place. Nous voulons qu’il soit mis fin à sa détention, qu’elle soit soignée et qu’elle reste en France. Nous voulons que Marina Petrella soit libérée au nom des principes qu’un grand peuple comme le nôtre doit défendre.

Au-delà de ce que peut faire l’Italie par rapport à son passé, au-delà des rapports européens, la France s’est engagée. C’est à la France à respecter son engagement.

par Nicole Borvo Cohen-Seat, présidente du groupe communiste républicain et citoyen du Sénat sur le site tribune libre - l’humanité


Marina Petrella, une histoire française

Mardi 8 juillet 2008, Communiqué de presse des collectifs de solidarité avec Marina Petrella

Les collectifs de solidarité avec Marina Petrella ont pris acte du fait que la campagne menée depuis 11 mois en sa faveur et la large prise de conscience de l’iniquité que représenterait son extradition ont amené ce matin monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République, à s’exprimer publiquement sur cette question d’une façon bien plus nuancée qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent.

Quant au contenu de cette intervention, nous répondons :

Monsieur le président, Vous semblez considérer que la situation actuelle de Marina Petrella relève des relations franco-italiennes.

Pourtant :

  • C’est bien la France qui s’est engagée envers Marina Petrella en dépit des décisions de justice italiennes :
  • En l’accueillant en 1993 ;
  • En la régularisant en 1998 ;
  • En la laissant vivre ici pendant 15 ans.
  • C’est bien la France qui a retourné sa veste en l’arrêtant brutalement le 21 août dernier sur la base d’une demande italienne vieille de 15 ans ;
  • C’est bien la France qui est responsable de son état de santé dramatique dû à une détention de 11 mois, d’autant plus insupportable qu’elle intervient près de 30 ans après les faits.

Vous dîtes estimer, monsieur le Président, qu’il serait souhaitable que votre homologue italien décide d’une grâce en raison de l’état de santé de Marina Petrella et de l’ancienneté des faits.

Nous vous demandons donc d’être conséquent et de prendre les responsabilités qui sont les vôtres en qualité de Président de la République française :

  • Prenez les dispositions nécessaires à une levée d’écrou immédiate ;
  • Appliquez la clause humanitaire inscrite par la France dans la convention de 1957 régissant les conditions d’extradition de Marina Petrella ;
  • Abrogez le décret d’extradition.

Et puisque vous soulignez que le temps écoulé constitue un délai déraisonnable pour appliquer la peine que Marina Petrella encourt, pointant ainsi du doigt ce refus d’amnistie long de 30 ans qui constitue l’anomalie italienne, il vous revient, monsieur le Président, d’intervenir dans votre sphère de souveraineté en procédant à un moratoire sur toutes les extraditions.

La vie de Marina Petrella dépend de vous : libérez la !


VOIR EN LIGNE : paroledonnée
Publié sur OSI Bouaké le vendredi 11 juillet 2008



LES BREVES
DE CETTE RUBRIQUE


Marina Petrella : ne laissons pas faire
14 juillet 2008, par didier   [retour au début des forums]

si nous avons choisis de vous parler sur le blog, de Marina Petrella, c’est bien sur...pour faire connaitre son cas et pour apporter notre soutien aux dernières actions qui (esperons le) peuvent encore mener cette histoire à une issue heureuse...

mais c’est aussi parce que cette histoire nous semble hélas edifiante... d’une France qui n’en finit plus de renier sa parole et ses valeurs...

Combien de temps laisserons nous encore ce gouvernement se comporter ainsi en notre nom ?

Marina Petrella : ne laissons pas faire
14 juillet 2008, par Sand   [retour au début des forums]

Merci Didier pour ce post auquel j’adhère complètement. J’ai même envie d’enfoncer le clou :

1 - Il faut signer la pétition demandant à Sarkozy de ne pas l’extrader. Il suffit pour cela d’envoyer un email à l’adresse suivante : info@paroledonnee.info avec vos Nom, prénom, profession. (cliquer ici pour voir le texte en ligne) ;

2 - Je voulais partager le texte poignant d’Erri de Luca, auteur et humain magnifique (publié entre autre sur le site de Médiapart) :

"Le corps de Marina tente une dernière résistance contre l’extradition, qui n’est autre pour elle qu’une sépulture de vivante.

Son corps me tient à cœur. Il est son dernier retranchement, une fois toutes les raisons rejetées, toutes les défenses anéanties.

Aucun intérêt d’évoquer ce qui se passe chez nous. Nos feuilles de choux répètent comme des petits perroquets bien dressés le bobard qui parle d’une Marina en fuite, tombée dans un banal contrôle de police. De cette façon, ils la font passer pour naïve et clandestine. Chez nous, le respect des faits n’est dû qu’aux puissants.

En France, les mots ont encore une dignité à défendre. Le corps de Marina dépend de ces mots. D’une signature ou d’un refus de signature, d’un geste de la main qui dans une pièce confortable décide du sort d’un corps épuisé dans une pièce dépouillée.

Je soutiens les dernières fibres qui retiennent la vie de Marina.

Je soutiens son ‘non’ extrême, qui choisit de s’éteindre au lieu de se livrer au premier jour d’une peine sans fin. Depuis presque un an, Marina est prisonnière d’un jour zéro.

Elle a été une révolutionnaire, elle s’est battue sans aucun profit personnel, avec une foule d’insurgés dans l’Italie des années 70. Elle a perdu, fait de la prison, s’est réfugiée en France et il y a un quart de siècle qu’elle a prononcé son définitif adieu aux armes. Elle a été condamnée par une justice d’exception, qui aujourd’hui ne lui reconnaît même pas un seul des jours de prison purgés pendant des années dans les pénitenciers d’Italie.

Aujourd’hui, elle a raison et le droit de confier à son corps sa dernière résistance.

Lèvres cousues, regard éteint, Marina met ses quatre os en travers, ultime obstacle au chemin qui la ramène en arrière, dans l’obscurité d’un pays excité par des rancunes et des peurs.

J’approuve son choix : que ce ne soit pas l’Italie, mais la France, terre de deuxième vie, la responsable du corps de Marina, mort ou vif.

Erri De Luca Paris, journées du 9 et du 12 juillet 2008

3 - Et puis pour finir, je voulais te donner des raisons d’espérer, il paraît que même la famille Bruni Tedeschi (soeur de) s’y est mise... (Source : Le Monde du 14 juillet 2008).

Mais je n’y crois pas un instant. Il va le faire, il a déjà piétiné toutes nos valeurs, tout ce qui nous rend humain, tout ce qui fait notre beauté et notre intelligence, il a tout sacrifié au capital... Et ce faisant, la France risquera, dans un avenir peut-être pas si lointain, de voir naître le genre de mouvement désespéré qui a saisit l’Italie des années 70.

Une histoire sans fin...

Marina Petrella : ne laissons pas faire
16 juillet 2008, par didier   [retour au début des forums]

Pour info, les prochains rassemblements pour Marina Petrella ont lieu les jeudis 17 et 24 juillet 2008, à 18h30, devant le centre Beaubourg à Paris. Venez nombreux !

Marina Petrella : ne laissons pas faire
6 août 2008, par Sand   [retour au début des forums]

L’ex-brigadiste Marina Petrella libre, mais "le combat continue".

« Ah la la, enfin… » Hamed Merakchi, le compagnon de Marina Petrella, vient d’apprendre la remise en liberté de l’ex-membre des Brigades rouges. Une remise en liberté sous contrôle judiciaire décidée ce mardi après-midi par la Cour d’appel de Versailles. Joint par Rue89, il ne parvient pas à contenir son émotion

http://www.rue89.com/2008/08/05/lex...

Le décret d’extradition reste en vigueur
6 août 2008, par didier   [retour au début des forums]

Marina Petrella libre, mais toujours sous le coup de son extradition... comme le précise cette dépèche de "Libération"

La remise en liberté de Marina Petrella n’annule pas son extradition, initiée en 2006 par les autorités italiennes et acceptée le 9 juin par le gouvernement français. Seule sa « détention sous écrou extraditionnel » est suspendue pour raison médicale. Compte tenu de son état de santé, cela risque de durer un certain temps. Au fond, son avocate a déposé un recours devant le tribunal administratif visant à annuler le décret d’extradition. Il n’est pas suspensif, mais la garde des Sceaux, Rachida Dati, a reconnu un « usage » en la matière : « Attendre que le recours soit épuisé pour mettre le décret à exécution. » Il est basé sur la « clause humanitaire » prévue par la convention européenne d’extradition, signée en 1957, permettant de passer outre une stricte application des textes. C’est un peu ce que réclamait Sarkozy dans un courrier à Berlusconi, souhaitant que Petrella puisse être graciée « dès que possible » car « sa santé est en péril ». Ses partisans préféreraient que le Sarkozy l’applique lui-même et au plus vite.

Marina Petrella : ne laissons pas faire

un article du nouvelobs nous donne quelques nouvelles de Marina Petrella...

"La nouvelle [de sa libération conditionnelle, ndlr] lui a fait très plaisir mais elle a peur d’exprimer une joie qu’elle pourrait regretter plus tard [en cas d’extradition, ndlr]", explique Hamed Merakchi qui a retrouvé son épouse à l’hôpital Sainte-Anne où elle est soignée.

L’ancienne membre des Brigades rouges Marina Petrella, remise en liberté mardi mais toujours en instance d’extradition vers l’Italie, se trouvait, mercredi 7 août, "mélangée entre la joie" d’être libre "et la peur" d’être extradée, a confié son mari interrogé par l’AFP. Hamed Merakchi a passé mercredi après-midi au chevet de son épouse, en compagnie de l’aînée de ses deux filles, à l’hôpital parisien Sainte-Anne, où Marina Petrella, 54 ans, a été transférée de l’hôpital pénitentiaire de Fresnes le 23 juillet, dans un état critique selon les médecins. "J’ai pu la prendre dans mes bras. C’était un moment merveilleux", a témoigné Hamed Merakchi. Mardi, la cour d’appel de Versailles a autorisé la remise en liberté de l’ex-brigadiste pour raisons de santé, ce qui lui permet de ne plus être hospitalisée sous surveillance policière. "La nouvelle lui a fait très plaisir mais elle a peur d’exprimer une joie qu’elle pourrait regretter plus tard", a raconté le mari de Marina Petrella.

"Elle a du mal à se lâcher"

Réfugiée en France depuis 1993, l’ex-dirigeante de la "colonne romaine" des Brigades rouges est toujours sous le coup d’un décret d’extradition du gouvernement français à la demande de l’Italie, où elle a été condamnée en 1992 à la perpétuité pour complicité de meurtre d’un commissaire, à Rome en 1981. Ce décret ne devrait pas être mis à exécution avant qu’un recours en annulation, déposé par Marina Petrella, n’ait été examiné par le Conseil d’Etat, sans doute à la rentrée. "Elle est mélangée entre la joie et la peur. L’incertitude est énorme. Elle a du mal à se lâcher", a ajouté le mari de Marina Petrella, qui a souligné que son épouse, dépressive, suicidaire et en dénutrition selon les médecins, était "vraiment esquintée". Depuis son arrestation en août 2007, elle a perdu 20% de son poids et pèse aujourd’hui moins de 40 kilos.

"Les autorités françaises ne sont pas assez sadiques" pour l’extrader

"Son foie a été touché ainsi que plusieurs autres organes internes. Le corps a beaucoup souffert. (Les médecins) ont réussi à stabiliser la dégénérescence des organes internes. Cela va prendre plusieurs mois" pour que son épouse se rétablisse, a estimé Hamed Merakchi. Il a précisé que Marina Petrella avait pu "prendre un peu l’air" mercredi dans la cour de l’hôpital. Elle a aussi parlé une vingtaine de minutes au téléphone avec la plus jeune de ses filles, âgée de dix ans, qu’elle n’a pas vue depuis des mois. "J’ai vu son regard s’allumer. C’est le seul moment où j’ai retrouvé la Marina que je connais. Après, elle a beaucoup pleuré. On a essayé de préparer la prochaine visite de la petite à l’hôpital..." "Il est difficile de lui faire reprendre confiance", a confié Hamed Merakchi qui dit avoir "essayé de convaincre (sa) femme que les autorités françaises ne sont pas assez sadiques" pour l’extrader

Marina Petrella : ne laissons pas faire

le commentaire de Philippe Bach sur le site le courrier.ch

Cela commençait à sentir le roussi. L’ex-brigadiste Marina Petrella, embastillée depuis une année dans l’attente de son extradition vers l’Italie, ne pèse plus que 38 kilos. En « abandon de vie », selon les termes de ses soignants, la femme a été libérée mardi par la Cour d’appel de Versailles. Elle pourra être soignée dans la dignité, même si le décret d’extradition qui pèse sur elle reste valable, en attendant que le Conseil d’Etat français, l’instance de recours en la matière, tranche. Le spectre des grévistes de la faim irlandais que Margaret Thatcher avait froidement laissés mourir commençait en effet à poindre. La justice française a ôté une épine du pied d’un Nicolas Sarkozy sérieusement embourbé sur ce dossier. Ainsi, selon la presse française, les autorités médicales, qui tentaient depuis plusieurs jours de sauver Mme Petrella, vivaient assez mal le comportement intrusif des policiers dans leurs locaux. Comme pour Cesare Battisti – toujours au Brésil, pays qui ne semble finalement pas si pressé de l’extrader – ou Paolo Persichetti, extradé en 2002, ce retour des années de plomb a quelque chose de pathétique. Le tour de vis de l’Etat français qui revient sur la doctrine Mitterrand – les activistes italiens entraînés dans la surenchère terroriste des années 1970 se voyaient offrir une voie de sortie en échange d’un renoncement à la violence – est unilatéral : on s’en prend tout de même plus souvent à des gauchistes isolés qu’à des notables de la loge P2 ou à des membres du réseau Gladio (initié par l’OTAN), qui ont pourtant bien plus tué. Il traduit une volonté revancharde d’une classe politique qui ne pardonne pas, qui refuse l’idée qu’en trente ans les gens ont changé. Cette pseudo-fermeté est hypocrite. Envoyer quasiment dans la tombe une femme qui a prouvé qu’une sortie du terrorisme est possible n’a rien de glorieux. Et Inquiétante. Car elle voit le retour de certains aspects les plus détestables de l’histoire. On fera le parallèle avec la nostalgie coloniale que véhicule ce gouvernement, sa défense d’une identité nationale largement mythique, qui exclut et expulse là où il faudrait intégrer. Cela donne une tournure ironique aux déclarations de Nicolas Sarkozy, avide de briller sur la scène diplomatique. Au moment où il propose ses bons offices dans le cadre de la guerre civile colombienne – par exemple en imaginant que des combattants des FARC pourraient se réfugier en France en échange de promesses de dépôt des armes –, il se propose de livrer des personnes dont on sait que leurs chances d’accéder à un procès équitable sont faibles. Enfin, ce raidissement est de mauvais augure pour l’avenir. Il s’inscrit dans un cadre plus vaste. Celui d’un Etat qui prend ses libertés avec la démocratie et les règles de l’Etat de droit. Ou, en tous les cas, les comprend dans le cadre le plus restrictif possible. Il est toujours utile de garder cela à l’esprit à l’heure où des mesures liberticides sont en train d’être adoptées dans des démocraties qui se disent avancées mais qui marchent à reculons : fichage généralisé, en France des mal-pensants avec le fichier dit Edwige (acronyme d’Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale policier). Ou espionnage global et généralisé des échanges téléphoniques et électroniques dans des pays qu’on croyait à l’abri de ce genre de dérives, comme la Suède.